5 conseils pour préparer tes championnats de France à Bourg-saint-Maurice

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fabien lefevre champion du monde

A trois semaines et demi du début des championnats de France, il est temps de ranger le Nutella au fond du placard, de remplacer les bières ou les sodas par des bouteilles d’eau, et enfin de ralentir ta consommation de films sur Netflix après 22h ! 

“Des efforts, pas la perfection !”

Si tu ne l’as pas encore compris tu es en guerre, fini de rire ; on rentre pour certains dans la dernière ligne droite de cette saison, aussi courte fût-elle, merci le coco-virus…

Tu veux sans nul doute mettre à profit le travail de cette année pour réaliser de belles courses sur le légendaire bassin de Bourg-St-Maurice. Tu t’es fixé des objectifs ambitieux que tu aimerais atteindre, alors inspire un bon coup, expire, c’est bon t’es concentré(e) ? Alors écoute bien les 5 conseils qui vont t’aider à être au top de ta préparation pour les championnats de France !

1. Qualité, intensité & concrétisation

A l’approche de ton échéance, il est important de lever le pied sur le volume d’entraînement et de privilégier la qualité et l’intensité. 

1. La qualité : tu entres dans une phase de concrétisation, ce qui signifie se rapprocher de ton meilleur niveau de compétition. Veille donc à mettre toutes les conditions en place pour naviguer à la hauteur de tes ambitions. Il s’agit donc de reproduire les circonstances du jour J, à savoir une bonne nuit de sommeil, un petit déjeuner sain et complet, un réveil musculaire, et un échauffement sur mesure avant d’aller prendre ton parcours. Ensuite vient le moment d’effectuer l’analyse rigoureuse du tracé avec ton coach si possible, identifier les passages clés, et les objectifs à atteindre lors de la séance. Tu es prêt à commencer ta séance. NB : ne pas oublier que la course est le reflet de ton entrainement, alors applique toi un max ! 

2. L’intensité : des périodes de travail courtes mais intenses ! Après la phase de préparation de la séance qui te permet d’être dans de bonnes dispositions pour réussir ton entraînement vient la phase d’action. Je te conseille d’optimiser le nombre de descente, max 45’ de travail (hors échauffement et récup), deux descentes sur un tracé, puis débarquer pour prendre les variantes, analyser le nouveau parcours ; puis deux descentes avant de finir en récup. Un investissement à 100% est de rigueur, et peu importe le type d'entraînement (tiers, long, technique, etc.), essaye de t’investir comme tu voudrais l'être le jour de ta course : ni en sous-vitesse, ni en sur-vitesse (sauf pour les séances de vitesse évidemment). 

2. Ponce le bassin en long, en large et en travers

Il n’y a pas de secret, celui qui connaît le mieux le terrain a un avantage certain sur ses adversaires. Que ce soit le rythme du bassin, sa configuration, ses pièges, la profondeur d’un contre-courant, la puissance d’un rouleau, l’instabilité d’une marmite, la température de l’eau ou même la gestion de l’oxygène (la ville de Bourg-Saint-Maurice se situe à plus de 700m d’altitude, ce qui sans préparation peut impacter considérablement la performance). Ainsi, je te conseille vivement de venir sur le site le plus tôt possible pour que ton corps et ton esprit emmagasinent un maximum d’informations. Ainsi le jour J, tu n’auras à te concentrer que sur un minimum de choses.

3. Regarde les autres naviguer, inspire toi des meilleurs

“Si tu ne peux pas faire mieux, bah fais pareil !”

Il y a beaucoup à faire dans la vallée de la Tarentaise, descentes slalomées de l’Isère, baignade & bronzage au lac d’Aime, randonnée du fort de la Platte, accrobranche, dégustation de glace au Dôme des glaciers, etc. Mais toi tu n’es pas ici en vacances, tu es là pour perfer ; donc je t’invite à abandonner tes camarades quelque temps afin de te rendre au bassin et regarder des bons bateaux ramer. 

Prends un maximum d’informations en variant les points de vue d’une berge à une autre, en prenant un peu de hauteur pour une vue plongeante, ou en venant au bord de la rivière pour une vue plus rapprochée. En analysant les meilleurs passages, tu peux essayer de te mettre à leur place et ressentir leurs sensations pour que ton esprit enregistre ces éléments. C’est aussi l’occasion de trouver de nouvelles idées de parcours à bosser.

4. Fais toi filmer

L’analyse vidéo vise à améliorer les performances sportives, elle permet notamment à l’athlète et à l'entraîneur de confronter leurs analyses. L’athlète avec son ressenti et le coach avec son point de vue extérieur, peuvent discuter ainsi sur des axes d’améliorations et stratégies à adopter. 

En tant qu’athlète, je trouve qu’il est tout aussi important de pouvoir s’auto-critiquer, que d’avoir des retours de l'entraîneur, surtout en période de concrétisation où je préfère avoir peu de retours de mon coach pour limiter le nombre d’informations dans ma tête pendant la séance. La vidéo me permet de revenir plus en détails sur les points forts et points faibles de ma séance. Mise sur tes points forts  ! A chacun sa méthode.

5. Aie confiance en toi et ta préparation

“Si tu aimes ce que tu fais, tu trouveras un moyen de réussir”

A quelques jours d’une échéance majeure la pression monte, les nuits peuvent se raccourcir, et l’exigence sur les entraînements augmenter de façon telle qu’on peut s’énerver à la moindre erreur. C’est bon signe ! C’est que tu entres dans ta compète. Nous le vivons tous différemment, mais ce que je veux dire, c’est qu’il ne faut pas chercher à fuir ces différents états, quand bien même ils génèrent un stress désagréable et une sensation d’impuissance. 

“Le roseau plie mais ne rompt pas” Jean de la Fontaine

Tel un roseau, accepte la pression et ce qu’elle amène, car ton corps et ton esprit sont en train de se conditionner pour faire ressortir le meilleur de toi et t’aider à atteindre ton plus grand potentiel. 

Le doute va probablement te susurrer à l’oreille quelques messages de découragement du type : “tu n’y arriveras pas”, ou “tu n’es pas prêt pour une telle épreuve”, “tu n’es pas à la hauteur” ; ce à quoi tu rétorquera par l’affirmative : “j’y arriverai car j’ai confiance en moi et ma préparation”, ou “je suis prêt pour cette épreuve, et  j’ai confiance en moi et ma préparation”, “je suis à la hauteur, et j’ai confiance en moi et ma préparation.” Tu peux également ajouter à ton discours de motivation interne une phrase positive que tu te répèteras tous les jours si tu en ressens le besoin telle que : “Il n’y a nulle part ailleurs où j’ai envie d’être, je suis ici car j’adore ce que je fais. Ce n’est pas facile, mais ça ne serait pas drôle autrement, c’est pour ça que je m’entraîne dur depuis tant de temps. Allez ! Sois fort ! Sois courageux ! Donne le meilleur de toi-même !” Il s'agit d’une méthode de PNL (Programmation Neurolinguistique). Aussi choisis minutieusement le genre de message que tu veux transmettre à ton corps et ton esprit, car ils t’écoutent et font ce que tu leur demandes !

bassin d'eaux vives bourg saint maurice

J’espère sincèrement que mes conseils t’aideront à optimiser ta préparation, mais n’oublie pas que les vrais réponses et ressources nécessaires se trouvent en toi. Alors au moment de prendre ton départ, inspire un bon coup, expire, inspire le positif (tu es heureux d’être ici, tu aimes ce sport et les sensations qu’il procure, tu as vraiment envie de faire cette compétition, tu as confiance en toi), et expire le négatif (messages de découragement, lourdeur dans les bras, pression interne et externe). C’est bon tu es concentré(e), alors fonce et oublie que tu n’as aucune chance, sur un malentendu ça peut marcher !

Auteur : Benjamin Renia

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1 commentaires

Monique Nicolski - 28/06/2021 17:42:41


Tu es super bon coach !